Journalistes : dans la ligne de tweets

Quelles solutions pour lutter contre le cyberharcèlement en ligne : un rapport de l’organisation PEN America, qui oeuvre pour la liberté d’expression, soumet des pistes.

Alexandra Carzo

Alexandra Carzo

La parution d’un rapport de PEN America, l'organisation américaine de défense de la liberté d'expression des écrivains, des journalistes et des artistes qui formule des recommandations aux plateformes pour enrayer le cyberharcèlement, offre l’occasion de faire le point en France. Harcèlement on-line : y a-t-il un revers au réseau préféré des journalistes ?

French connection

Aujourd’hui, l’actu peut prendre des allures de threads et se couvrir en 280 caractères. D’après une étude de Cision France, 91% des journalistes utilisent les réseaux sociaux pour leur travail. Et 54 % déclarent même ne plus pouvoir s’en passer. Les pépiements sont entrés dans le paysage de l’information, pour le scoop, l’engagement, le débat ou la mise en place d’une veille réactive, le nombre de followers influant, comme tout bon réseau, au moment de l’embauche.

Si le réseau social permet aux journalistes d’accéder à des infos capitales et a contribué à l'émergence de voix ou de mouvements (MeToo, le Printemps arabe…), "il y a un retour de bâton depuis quelques années, note Elodie Vialle, journaliste et consultante pour PEN America, co-rédactrice du rapport de l'organisation. L’outil est aujourd'hui utilisé pour amplifier la désinformation et les campagnes de haine, le trolling." Tous les journalistes sont touchés et plus particulièrement, les femmes.

Prise de conscience et protection

Si la menace du cyberharcèlement n'a pas toujours été prise au sérieux, les choses ont un peu évolué au cours des dernières années, observe Elodie Vialle, avec « la mise en place de protocoles ou de formations au niveau des rédactions. Mais le sujet n’est toujours pas prioritaire, dans un contexte où les médias luttent pour leur survie économique. » Cette reconnaissance est essentielle, sinon c’est la double peine pour les victimes. « Non seulement elles souffrent de ces menaces de mort, de viols, d’usurpation d’identité et/ou de fausses informations créées pour les discréditer, mais c'est particulièrement dur lorsqu'elles ne sont pas soutenues par leur employeur. »

Trolling et conséquences

En parallèle de ce défi majeur de protection de l’intégrité physique et morale de ses journalistes, les médias sont confrontés à des enjeux démocratiques et économiques quand leurs plateformes sont polluées par des contenus toxiques. Ces campagnes de harcèlement mènent « à l’autocensure. Certains refusent d’évoquer les sujets sensibles ou d’écrire sur des questions jugées polémiques. » Trop d’énergie perdue, de peur à gérer freinent la liberté d’expression et de débat. Par ailleurs, quand les arguments sont noyés sous les insultes, quelle crédibilité reste-t-il au sujet traité ? "Le cyberharcèlement est en fait l'autre facette de la désinformation, analyse Elodie Vialle. On intimide les journalistes pour les réduire au silence, afin de mieux pouvoir diffuser un autre narratif".

Ce rapport de l'organisation PEN America offre des pistes concrètes et documentées pour aider les plateformes à mieux lutter contre le cyberharcèlement de leurs utilisateurs, en particulier des journalistes et des écrivains comme par exemple :

  • un bouton SOS pour permettre aux utilisateurs en danger de déclencher une série de fonctionnalités afin de les protéger et d'alerter des soutiens
  • la possibilité de mobiliser une équipe de soutien d'urgence en ligne en cas d'attaque
  • un outil de documentation du cyberharcèlement intégré aux plateformes
  • un système de pénalités progressives pour les cyberharceleurs.

La résolution sera en tout cas collective, car chacun, à son niveau, a un rôle à jouer - l’état Français, les plateformes, les rédactions et les utilisateurs des réseaux…

La solution Bodyguard

C’est justement dans ce mouvement de Trust and Safety que s’inscrit Bodyguard. Notre technologie de modération protège les journalistes en particulier (et tous les individus en général !). Elle permet de conserver un espace (blogs, réseaux et médias sociaux, live….) où la liberté d’expression et le débat démocratique ne cèdent aucun pixel face aux contenus toxiques. Pour un meilleur engagement de vos communautés et une audience respectée qui continue à vous suivre.

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